Quand l’amour entre frère et soeur n’est pas inné

Coucou tout le monde! Cet article n’était pas vraiment prévu mais je me suis dit qu’il pourrait rassurer ou du moins donner un point de vue différent de tout ce qu’on peut lire ou voir. Parce que j’ai culpabilisé, parce que je ne comprenais pas pourquoi ici ça se passait différemment… bref ici l’amour entre frère et sœur a mis du temps à s’installer et je voulais partager mon expérience avec vous.

Bébé est là, son aîné l’ignore

Avant d’avoir Maëlle, nous savions que nous voudrions des enfants rapprochés. J’ai moi même 2 ans d’écart avec ma sœur, nous avons toujours été complice. C’était une évidence, un choix voulu et désiré. Je suis tombée enceinte de ma puce hyper rapidement et le chamboulement a été immédiat. J’ai été assez malade le premier trimestre, ce qui n’avait pas été le cas pour Tristan. Beaucoup de fatigue et pour dire vrai, je pensais avoir plus de temps pour me préparer psychologiquement. Tout est arrivé si vite et là pas le temps de se reposer, j’avais mon fils âgé de 17 mois à m’occuper. Quand nous lui avons annoncé qu’il allait être grand frère, il n’a pas montré un enthousiasme débordant, ce n’était pas concret. Mais au fil du temps, il s’est montré assez jaloux et pénible, le Terrible Two arrivant en même temps, ça n’a pas aidé. Clairement il nous a mené la vie dure et particulièrement à moi. Comme s’il sentait que ces moments à deux allaient bientôt devenir plus rares.

L'amour fraternel n'est pas forcément inné

Je me souviens encore où Tristan est venu me rendre visite à la clinique pour rencontrer sa sœur pour la première fois… Je le savais au fond de moi que ça ne se passerait pas comme je l’espérais. Sur instagram, je ne voyais que des photos de famille unie, des aînés plus qu’heureux d’accueillir un nouveau petit être bruyant dans leur univers. Pourquoi ça ne serait pas le cas pour moi? Bah je vous le donne en mille, ça ne s’est pas tout à fait passé comme dans mes rêves ah ah. Tristan a regardé Maëlle 2 minutes, n’a pas compris pourquoi je ne rentrais pas à la maison tout de suite et a passé son temps à regarder par la fenêtre en demandant à son père d’aller courir sur le parking… Pour l’amour fraternel on repassera! lol

Comme vous le savez, Maëlle a mis un an pour faire ses nuits, elle pleurait beaucoup à cause de ses maux de ventre. J’étais complètement HS, démunie et je culpabilisais. Je m’en voulais de ne pas réussir à soulager ma fille, je me levais au moindre bruit pour qu’elle ne réveille pas son frère, elle prenait beaucoup de mon temps et de mon énergie. Pour être honnête, je ne sais pas comment Tristan a vécu cette période. Pendant plusieurs mois, Maëlle ne l’intéressait pas plus que ça. Elle était déjà en admiration devant lui mais ce n’était pas réciproque. Evidemment elle a grandi, les petits moments de complicité aussi. Mais j’étais encore loin des images de rêve des réseaux sociaux. Je me suis beaucoup posée de questions: qu’est-ce que je faisais de mal? Est-ce que ce n’était pas une bêtise d’imposer un autre bébé à mon grand bébé? Pendant de longs mois, j’ai regretté. J’aimais ma fille mais j’en chiais tellement avec comme résultat un amour fraternel limité que je me disais que nous aurions dû attendre.

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La complicité finie par s’installer

Et puis Maëlle a grandi, Tristan a mûri et ils ont commencé à jouer ensemble. Il y avait des jours où ils étaient inséparables et le lendemain, guerre mondiale où ils passaient leur temps à se chamailler. J’ai lu des livres pour appréhender au mieux ces situations. Et j’en ai acheté pour eux afin qu’ils comprennent les différentes émotions que l’on ressent quand on est frère et sœur. Leur apprendre aussi que c’est normal de s’aimer et de se détester le lendemain, que je les aime tous les deux très fort et qu’il faut se respecter.

Et puis, ce à quoi nous aspirions est enfin arrivé alléluia. Ils sont inséparables ou presque! Non seulement ils jouent ensemble mais Tristan réclame sa sœur!! Ça peut paraître bête mais ça me rend tellement heureuse! Maëlle a du répondant, ils se complètent bien, il lui fait découvrir le dessin, les puzzles et la lecture et elle le pousse niveau motricité. Ça fait maman gaga mais quand ils vont à l’école main dans la main à rigoler, sauter et en chantant frère Jacques à tue-tête, j’adooooore! Je fonds, je les trouve trop choux. L’autre jour Tristan me sort « oh elle est trop mignonne comme ça Maëlle! » (aka avec sa capuche de manteau), c’était gratuit, juste comme ça sorti de nul part. Punaise, il aura fallu presque 2 ans pour que j’entende un mot doux sur sa sœur mais ça avait encore plus de valeur. Quand je les vois, je me dis que ça valait le coup finalement de se casser le cucul tout ce temps.

Bref je voulais écrire cet article pour décomplexer les papas et mamans qui vivent la même chose. Ce qu’on voit sur les réseaux, ce ne sont que des photos, des instants capturés mais qui ne représentent pas la réalité. Oui il y a des gosses complices immédiatement et c’est génial. Mais sachez aussi que si ce n’est pas le cas chez vous, ça viendra. Rien n’est perdu, non ne vous ne vous êtes pas plantés, vos enfants ont besoin de temps pour s’apprivoiser. C’est normal qu’ils ne s’aiment pas au premier regard et ça viendra, il faut juste un peu de patience (et les nerfs solides lol).

Parents, comment s’est passée l’arrivée d’un bébé dans la fratrie? Est-ce que vous aussi cela a a mis du temps à se mettre en place?

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